Véhicules électriques
En 2025, les ventes mondiales de véhicules électriques ont atteint 20,7 millions d'unités, soit une hausse de 20 % sur un an : divergences régionales et virages politiques redessinent le paysage industriel.
En 2025, les ventes mondiales de véhicules électriques ont dépassé 20,7 millions d'unités, en hausse de 20 % sur un an. L'Europe mène avec une croissance de 33 %, les États-Unis sont presque à l'arrêt en raison de l'annulation de politiques, tandis que la Chine voit sa croissance ralentir mais ses exportations restent solides. Cet article, basé sur les données de Benchmark Mineral Intelligence, analyse l'évolution du paysage industriel et les tendances futures.
Introduction
En 2025, le marché mondial des véhicules électriques a affiché un bilan « aux volumes robustes, mais aux dynamiques contrastées ». Selon les données de Benchmark Mineral Intelligence, les ventes mondiales de véhicules électriques (voitures particulières et véhicules légers) ont atteint 20,7 millions d’unités, en hausse de 20 % sur un an. Parmi celles-ci, les ventes du seul mois de décembre se sont élevées à 2,1 millions d’unités. Ce chiffre montre que, malgré le recul des politiques de soutien sur plusieurs marchés clés, l’industrie du véhicule électrique conserve une croissance résiliente, tandis que les trajectoires des différentes régions divergent nettement.
Contexte du secteur
L’évolution du marché des véhicules électriques en 2025 a été largement dictée par les cycles politiques. La Chine a renforcé ses subventions de reprise-remplacement à la mi-2024, créant ainsi une base de comparaison élevée. L’Europe, après une série de revirements sur les objectifs d’émissions en début d’année, a officiellement assoupli en mai ses exigences de conformité pour 2025, en étendant la fenêtre d’évaluation à la moyenne des années 2025-2027. Les États-Unis ont quant à eux mis fin à leur longue ère de subventions, sous l’effet conjugué de la suppression du crédit d’impôt fédéral et de la remise à zéro des amendes CAFE. Ces différences politiques ont déterminé la répartition inégale de la vigueur des marchés en 2025, et annoncent déjà les tendances de 2026.
Avancées clés
En termes de volume, les ventes mondiales de véhicules électriques ont atteint 20,7 millions d’unités en 2025, dont 12,9 millions pour la Chine (+17 % en glissement annuel), 4,3 millions pour l’Europe (+33 %), 1,8 million pour l’Amérique du Nord (−4 %) et 1,7 million pour le reste du monde (+48 %).
Le marché européen a été le grand point fort. Les ventes ont progressé de 48 % en Allemagne, de 27 % au Royaume-Uni et, en France, après une croissance négative en début d’année, le marché a fini l’année sur une hausse de 2 % grâce au rattrapage soutenu par les aides à l’achat de fin d’année. Les ventes de véhicules 100 % électriques ont augmenté de 31 %, et celles des hybrides rechargeables de 38 %, ce qui montre que le marché européen connaît une accélération structurelle de la pénétration, sous l’effet combiné des normes d’émissions et des subventions aux consommateurs.
Le marché nord-américain a connu de fortes turbulences en 2025. Aux États-Unis, la fin du crédit d’impôt fédéral au 30 septembre a entraîné une anticipation marquée des achats en août et en septembre, avant une chute de 49 % des ventes au quatrième trimestre en glissement trimestriel. Sur l’ensemble de l’année, les ventes américaines n’ont progressé que de 1 %. Le Canada, qui a supprimé ses subventions en début d’année, a vu ses ventes chuter de 41 %. Le Mexique a quant à lui progressé de 29 %, porté par les importations de véhicules électriques de marques chinoises.
Le marché chinois conserve une taille considérable, mais sa croissance a ralenti. Les ventes ont augmenté de 33 % au premier semestre sur un an, mais leur croissance en glissement annuel s’est effondrée à 4 % au quatrième trimestre, principalement en raison de la base élevée créée par le relèvement des subventions de reprise-remplacement à la mi-2024. La guerre des prix sur le marché intérieur a érodé les profits, poussant des constructeurs comme BYD à accélérer leurs exportations — celles de BYD sont passées de 400 000 véhicules en 2024 à plus d’un million en 2025, et les véhicules électriques produits en Chine ont représenté 19 % du marché européen.Le reste du monde est devenu la zone connaissant la croissance la plus rapide. En Asie du Sud-Est, les ventes ont presque doublé d’une année sur l’autre ; en Amérique du Sud et en Amérique centrale, elles ont progressé de 49 %, les véhicules électriques de marques chinoises y représentant plus de 85 %. Sur le marché japonais, concurrencé par les modèles hybrides, le taux de pénétration des véhicules électriques s’est maintenu à 3 % pour la quatrième année consécutive ; la Corée du Sud, elle, a enregistré une croissance de 50 % grâce à ses nouveaux modèles locaux et aux incitations gouvernementales.
Impact sur l’industrie
Les changements structurels des ventes en 2025 ont des effets de transmission directs sur la chaîne industrielle.
Premièrement, la chaîne d’approvisionnement des batteries. Le virage politique en Amérique du Nord a déjà conduit certains constructeurs OEM à réduire leurs investissements dans l’électrification. General Motors a annulé ses contrats avec des fournisseurs de batteries pour véhicules 100 % électriques, signe que les attentes concernant la demande locale de batteries aux États-Unis ont été revues à la baisse. Dans un contexte où le marché américain devrait se contracter de 29 % en 2026, la planification des capacités des usines de batteries et le rythme des achats de matières premières devront être réajustés. L’Europe, quant à elle, soutenue par la réglementation sur les émissions de CO2 et le plan « Battery Booster », devra encore étendre ses capacités locales de production de batteries, ce qui influencera le rythme d’implantation régionale d’entreprises telles que CATL et LG Energy Solution.
Deuxièmement, la mondialisation des entreprises chinoises. En 2025, la structure des exportations chinoises de véhicules électriques a connu d’importants changements : l’Asie du Sud-Est, l’Amérique du Sud et l’Amérique centrale, ainsi que l’Asie centrale, sont devenues les principaux marchés de croissance. Cette croissance tirée par les exportations transforme la Chine, qui était auparavant dominée par son marché intérieur, en un acteur jouant un double rôle : celui de fournisseur de la chaîne d’approvisionnement mondiale et celui de bâtisseur de marques. Pour l’Europe et les marchés émergents, l’afflux de véhicules électriques chinois accentue également la pression concurrentielle sur les constructeurs locaux, les incitant à repenser la définition de leurs produits et le contrôle des coûts.
Troisièmement, les trajectoires technologiques se différencient. La frilosité du marché américain à l’égard du 100 % électrique a fait naître de nouvelles opportunités pour les véhicules électriques à prolongateur d’autonomie (REEV) en Amérique du Nord. Plusieurs nouveaux modèles de Ram et de Ford ont opté pour la voie du REEV, tandis que Stellantis prévoit de supprimer à l’horizon 2026 l’ensemble de ses modèles hybrides rechargeables, pour ne conserver que deux modèles REEV. En Amérique du Nord, où les infrastructures de recharge sont relativement sous-développées et la dépendance aux longs trajets est forte, il s’agit d’une solution de transition technologique pragmatique. Toutefois, son acceptation à long terme par le marché reste à démontrer.
Défis et risques
En 2026, des facteurs haussiers et baissiers s’entremêlent, et les incertitudes auxquelles le secteur est confronté ne doivent pas être sous-estimées.
Sur le marché américain, en l’absence de subventions et dans un environnement politique défavorable, les ventes de véhicules électriques devraient encore reculer de 29 %, les constructeurs ayant par ailleurs recentré leurs capacités de production sur les véhicules à combustion. Cela freinera la croissance du déploiement des réseaux de recharge en Amérique du Nord et pourrait entraîner l’annulation d’un plus grand nombre de contrats d’approvisionnement en batteries.
Le marché européen, bien qu’il doive encore croître de 14 %, connaîtra un net ralentissement par rapport à 2025, en partie parce que les constructeurs concentrent leurs ressources sur l’échéance intermédiaire de conformité aux normes d’émissions de 2027. Parallèlement, l’Union européenne propose de ramener l’objectif de réduction des émissions de 2035 de 100 % à 90 % et d’introduire un mécanisme de crédits pour l’acier bas carbone et les carburants renouvelables, ce qui pourrait réduire la pression de la transition à long terme sur les constructeurs et affecter le rythme des investissements dans les nouvelles plateformes 100 % électriques.En 2026, le marché chinois introduira pour la première fois une taxe à l'achat sur les véhicules électriques (réduction de 50 %), tandis que la prime de remplacement d'un ancien véhicule par un neuf sera désormais versée proportionnellement au prix du véhicule, ce qui fera baisser le niveau moyen des subventions. Cela imposera un coût supplémentaire aux consommateurs sensibles au prix et pourrait accentuer le ralentissement de la croissance des ventes sur le marché intérieur. La guerre des prix sur le marché intérieur ne devrait pas s'achever à court terme. La stratégie de BYD et d'autres constructeurs, qui consiste à soutenir le marché national grâce aux bénéfices réalisés à l'étranger, se poursuivra, mais le risque d'une escalade des barrières commerciales à l'étranger demeure.
Perspectives d'avenir
En 2026, le marché mondial des véhicules électriques se trouve dans une phase de rodage, passant d'une dynamique tirée par les subventions publiques à une dynamique endogène du marché. L'Europe devrait enregistrer une croissance de 14 %, les États-Unis un recul de 29 %, et la Chine maintiendra une croissance modérée dans un contexte de faibles subventions. Les exportations demeureront un important moteur de croissance. Le reste du monde, porté par l'impulsion continue des constructeurs chinois, devrait conserver une croissance à deux chiffres.
Dans une perspective de plus long terme, l'année 2025 marque un tournant décisif. Les politiques ne fournissent plus une accélération uniforme à la diffusion des véhicules électriques : les hauts et les bas de chaque marché régional constituent, par essence, une mise à l'épreuve globale de la compétitivité des produits, des coûts de la chaîne d'approvisionnement et du degré de maturité des infrastructures de recharge. La baisse des coûts des batteries, l'expansion des réseaux de recharge rapide et la différenciation des fonctions de conduite intelligente remplaceront les subventions comme principaux moteurs de la prochaine phase de généralisation des véhicules électriques.
Conclusion
La mobilité électrique n'est pas une courbe ascendante linéaire, mais une progression en spirale, faite d'interactions multiples entre politiques, marché et technologies. En 2025, les ventes mondiales de véhicules électriques ont franchi le cap des 20 millions d'unités, preuve que cette industrie possède déjà une assise de croissance qui dépasse les fluctuations d'un marché unique. À l'avenir, qu'il s'agisse des négociations européennes sur les réglementations d'émissions, des revirements politiques en Amérique du Nord ou de l'expansion mondiale des entreprises chinoises, tous ces facteurs convergeront vers la ligne directrice de long terme de l'électrification des transports et de la transition vers les énergies propres. La reconfiguration de la chaîne industrielle, le perfectionnement des infrastructures de recharge et l'intégration approfondie de la mobilité intelligente au système énergétique demeureront au cœur du récit de la prochaine phase de l'industrie mondiale de la mobilité à énergies nouvelles.
Contexte de l’article · evindustryreport
evindustryreport replace cette note dans EV Industry Report publie des analyses et des briefings multilingues.; dates, noms et changements de statut restent à vérifier. Véhicules électriques / Batteries et stockage / Réseaux de recharge explique l'angle éditorial local: les Liens sources doivent être ouverts avant de reprendre le résumé.